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 → La Fin d'une Saison ~

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Dire Straits ♪♫
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MessageSujet: → La Fin d'une Saison ~   Lun 7 Avr - 19:53



Parfois, la vie ne tourne pas vraiment comme on l'espérait. Parfois, elle peut être raccourcie prématurément, par une puissance dont on ignorait même l'existence. Et finalement, l'issue finale n'est pas toujours aussi loin qu'on le pense.

L'hiver s'effaçait petit à petit des infinis paysages, le printemps était déjà en route. A travers les fines couches de brume qui se dressaient fièrement sur les terres des vagabonds, on pouvait observer des bourgeons se former au bout de certaines plantes. L'herbe reprenait lentement des couleurs vives, les doux parfums naturels reconquéraient petit à petit les lieux, diffusant leur agréable odeur à travers toutes les terres. A certains endroits cependant, il restait des petits tas de neige, qui tentaient vainement de lutter contre leur fonte forcée, contre les timides rayons de soleil qui les tuaient à petit feu. Bientôt, oh, très bientôt, ils ne seraient plus qu'une flaque d'eau sur le sol déjà humide, qui disparaîtrait aussitôt pour laisser de la place aux premières fleures printanières. Mais hélas, ces petits cristaux sans vie ne seront pas les seuls à partir avec l'hiver.

Dire Straits était un loup solitaire. Pas seulement dans le sens qu'il était un vagabond de meute, non, il était ce qu'on pouvait décrire comme une âme errante. Une âme vide, qui plus est. Il était avide de souvenirs, et ce depuis son réveil en ces mêmes terres qu'il était actuellement en train d'arpenter. Mais cette amnésie mystérieuse n'était pas un problème pour le loup brun. Il préférait considérer cela comme une seconde chance que les astres lui avaient offerte. Et puis, il était différent. Il avait une toute autre manière de raisonner que ses congénères. Il pensait de manière différente, et voyait les choses sous un autre angle. Oh, ce n'était certainement pas une maladie, c'était seulement une petite variation que les autres loups n'avaient pas. C'était même un cadeau du ciel, comme le lui répétait sans arrêt sa génitrice, bien qu'il ne pouvait s'en souvenir. Oui, cette particularité le distinguait des autres, et faisait de lui un être encore plus unique. Et même, si on prêtait un tant soit peu d'attention à lui, on pouvait se rendre compte que la façon dont il voyait le monde était vraiment remarquable. Il ne voyait que la beauté des choses. Son monde à lui était bien plus beau que l'épave dans laquelle vivaient habituellement les loups. Mais personne ne faisait l'effort de le rencontrer, de lui parler, de tenter de le comprendre. Il était systématiquement mis à l'écart, chassé, victime des moqueries. Il était le bouc-émissaire de la société canine. Mais malgré ça, il continuait à ignorer la laideur des individus. Il ne se laissait pas abattre, il gardait la tête haute quoi qu'il arrive, et poursuivait simplement sa vie, sans même demander son reste. Il était incapable de haïr. Et ça aussi, était d'une noblesse remarquable chez Dire Straits.

Mais les aléas de la vie sont imprévisibles. Et parfois, ils sont vraiment cruels. Même en luttant de toute notre volonté, avec force et détermination, on ne peut malheureusement échapper à notre destinée. Le destin tient notre vie si fragile au creux de ses mains, et s'amuse avec nous comme nous le ferions avec de simples poupées de chiffon. Oui mais voilà, lorsque l'on se lasse de la marionnette, on s'en débarrasse. C'est ça, la vie, aussi triste que cette réalité puisse être.

Et c'est ce même destin qui avait conduit le jeune Dire Straits au milieu de cette nature, qui s'éveillait doucement. Il ne se lassait jamais de voir cette beauté s'épanouir, juste devant ses yeux. La rosée matinale était l'une des choses qu'il trouvait les plus belles dans ce triste monde. Et même sans connaître son passé, il avait le sentiment de toujours s'être senti proche de la nature. Elle avait tant de visages, tant de facettes. Elle était diverse et variée, mais restait impassiblement silencieuse. C'est ce qui lui donnait tout son mystère.

Et pourtant, c'est une toute autre surprise qui l'attendait ce jour là. En arrivant au milieu de la forêt, il avait ressenti une forte présence en ces lieux. Il avait un drôle de sentiment, mais restait incapable de le déchiffrer. C'est pourquoi il n'avait pas été plus alerté que ça. Et Dieu sait qu'il aurait dû suivre son instinct, cette fois, juste cette fois … Lorsqu'il s'était retourné, il avait trouvé un autre individu, tout proche de lui, le dévisageant. Une femelle. Une femelle qui semblait tourmentée. Même plus, elle semblait torturée. Et sans dire le moindre mot, la louve brune s'était enfuie dans les ombres de l'interminable forêt.  « Attends ! » , que lui avait crié Dire Straits, avant de se lancer dans une course folle pour la retrouver. Il était curieux de nature. Et puis, il n'aimait pas la tristesse, le désarroi. Il voulait aider cette louve à l'esprit visiblement déchiré.

Il était ensuite entré dans un bosquet épineux, où il était persuadé d'avoir vu la louve se réfugier. Mais voilà, elle n'y était plus. C'était vraiment étrange, c'était comme si elle s'était évaporée dans les airs. Mais il en était persuadé, les forces supérieures, au même titre que le surnaturel, ça n'existait pas. C'étaient rien de plus que des histoires qu'on racontait aux louveteaux, pour leur faire peur. Et il n'était certainement pas un enfant. La femelle devait certainement être très douée pour se cacher. Mais quand même, c'était très curieux qu'il perde ainsi sa trace. Si bien qu'il s'était ensuite demandé s'il n'avait pas rêvé.

Et puis, il s'était retourné. Et là, devant lui, se dressait son fantôme, la louve à l'étrange pelage qu'il avait suivie. Elle était juste devant lui, et le surplombait en taille. Leurs museaux étaient proches, si proches, qu'il en eut des frissons. Il sentait sa respiration saccadée sur sa joue, et pouvait voir le désordre dans ses yeux. Mais même s'il ne comprenait pas vraiment ce qui s'était passé, il n'avait pas peur. Cela dit, il n'a pas pu parler, la surprise le rendait aussi muet qu'un cadavre. Il s'est simplement contenté de reculer de quelques pas, pour tenter de mettre de la distance entre eux.

« Pourquoi tu m'as suivie ? » avait-elle soudain demandé d'une voix sèche et démunie d'émotions. Pas de doute, il y avait réellement quelque chose qui clochait chez elle. Mais il ne parvenait pas à déchiffrer ce que c'était. « Allons, vas-y, crache le morceau, faut pas avoir peur de se mouiller dans la vie.  » elle avait continué sur le même ton. Mais Dire Straits était persuadé qu'elle n'était qu'une louve égarée, qui avait perdu son chemin. Il pensait qu'elle tentait de l'effrayer, de jouer les méchantes, mais que ce n'était en réalité qu'une forme de protection. Et il était certain de pouvoir l'aider, la remettre sur la bonne voie.

« Et bien, je t'ai trouvée étrange là bas … Et j'ai bien vu que tu avais besoin d'aide  » avait-il répondu d'une voix se voulant douce et rassurante. Mais il avait aussitôt vu une étincelle dans les yeux de la louve, de surprise et d'autre chose, qu'il avait étiqueté comme de la crainte. « N'aies pas peur, je voudrais juste t'aider  » il avait assuré.

« Ô misère, suis-je tombée si bas ? J'ai vraiment l'air d'avoir peur ? Où d'avoir besoin de l'aide d'un petit microbe ?  » Elle paraissait soudain très énervée. Et puis elle ne semblait pas lui parler directement. Décidément, Dire Straits se demandait sur qui il était tombé. Elle n'avait rien de rassurant, vraiment. « Dis-moi, petit. Sincèrement. Dis le moi. Est-ce que j'ai l'air dérangée ? Ou faible ?  » Mais son ton avait radicalement changé. Maintenant, elle était préoccupée, inquiète.

« Faible ? Non, certainement pas. Mais tu as l'air … Disons perdue. Triste, aussi.  » Il voulait à nouveau paraître amical, rassurant. Il était sûr que cette fois, la belle femelle l'écouterait, le laisserait l'aider. « Je suis Dire Straits. Et toi ? »

La louve l'avait dévisagé un instant, comme si elle analysait la situation.  « Et bien … Dire Straits. » Elle avait mis un fort accent sarcastique sur son nom, mais il n'y avait accordé aucune importance. « Mon nom n'est pas important pour toi. Mais tu dois avoir raison. Je dois m'être égarée quelque part, je crois bien avoir perdu mon chemin. D'un autre côté, n'est-ce pas obligé quand on est comme moi ? Je ne peux pas rester la même tout ce temps, je suis bien obligée de divaguer de temps en temps. Et c'est pas comme si c'était la première fois. Les temps changent, et on évolue avec lui …  » Elle en avait vraiment beaucoup sur le cœur. Elle semblait porter sur son dos un lourd fardeau. Mais elle ne voulait pas se confier. Ce n'était en aucun cas dans la nature de la femelle.

« Je te comprends. Mais tu peux me faire confiance, et tu peux me parler sans crainte ... » Il voulait absolument qu'elle se confie.

Seulement voilà, les oreilles de la louve s'étaient redressées, comme si son attention avait été stimulée par un mot précis, ce qu'il ne comprenait pas. Et de nouveau, elle semblait noyer son désespoir au beau milieu de sa colère.  « Tu crois vraiment pouvoir comparer tes petits problèmes de ta misérable vie de vermine à mes tourments ? Ha, tu es amusant petit. Mais, la confiance, parlons-en. Qu'est-ce que c'est ? Quand tu fais confiance à quelqu'un, et que finalement il te poignarde dans le dos à la première occasion ? Quand tu penses connaître des personnes, et qu'enfin quand ils comprennent qu'ils ne peuvent pas t'atteindre directement, ils s'en prennent lâchement à la seule personne qui compte pour toi ? C'est bien un piège, ça. Tu sais, il ne faut pas donner sa confiance facilement. Ça coûte trop cher, et ça apporte trop de souffrances. Ça te ronge à petit feu, te dévore jusqu'à la moelle, pour ta longue et interminable vie. Non, c'est pas bien. » Elle était vraiment plongée dans ses pensées, et parlait sans retenue. Si bien que ses propos en devenaient presque incohérents. « Mais seulement voilà, le problème c'est que je pense avoir de nouveau des sentiments. Et je ne veux pas, ça fait trop mal. Normalement je ne montre aucune compassion. Tiens, y'a quelques années, je t'aurais tué à l'instant même où je t'ai vu, plus loin dans la clairière. Mais je me suis abstenue. C'est ce que le temps a fait de moi. Mais je ne veux plus m'attacher, c'est fini, j'ai trop donné. Lorsqu'on se montre un tant soit peux aimable, sympathique, on devient faible. Et au final, on souffre. J'ai trop souffert moi ! Et je ne veux plus ! » Et puis elle avait levé la tête, jetant un regard dur au loup brun qui était en face de lui, et lui avait adressé un bien drôle de sourire. « Tu vas mourir, Dire Straits. Oh rassure-toi, tu as encore quelques minutes devant toi. Mais je vais te tuer. Ça fait trop de temps que je n'ai pas ôté la vie d'un loup. J'en ai marre de jouer les gentilles. Je tiens à ma liberté plus qu'à tout, et je n'ai pas à changer pour être acceptée. »

Le loup ne savait plus quoi dire. Il ne savait même pas s'il avait peur maintenant, tant il avait été choqué par les propos de la louve. Ses menaces étaient-elles sérieuses ? Il en avait bien l'impression, car elle n'était pas du tout stable. Elle pourrait lui sauter dessus d'une seconde à l'autre sans même s'en rendre compte. Mais alors pourquoi ne le faisait-elle pas tout de suite ? « Si tu comptes me tuer, pourquoi tu ne le fais pas maintenant ? Je pourrais très bien me sauver … Tu vois, c'est parce que tu ne veux pas vraiment me tuer. Il n'y a rien de mal à éprouver des sentiments, tu sais. »

« Ne dis pas de bêtises. Si tu t'échappais tu ne pourrais pas aller bien loin. Où j'en étais ? Ah oui. S'il n'y avait que ça aussi … Mais tu avais raison sur un autre point, Dire Straits. Je suis déchirée. Oui, je suis déchirée entre les deux extrêmes. C'est parfois dur à supporter tu sais. Je sais très bien ce que je veux, mais je ne sais pas toujours quelle route emprunter. Des fois, c'est la lumière qui m'attire, la richesse, la générosité, tout ce qui représente la nature, ma fille. Mais d'autres fois, c'est l'ombre qui m'ensorcelle. Le goût de l'aventure, l'ivresse d'adrénaline, l'envie de pouvoir. Et puis entre nous, je suis forcée de vivre dans cet endroit remplis de mortels, qui ne connaissent rien à la vie et qui ne sont que des bons à rien, des inconscients têtus et égoïstes. Je ne leur dois rien, à part le mépris. Mais personne ne doit connaître mes pensées, Dire Straits. Personne ne doit remarquer mon combat intérieur. Et plus important encore, personne ne doit me voir faible, comme je le suis à l'instant. C'est pour ça, que tu vas mourir. Pas de chance petit, disons que tu étais au mauvais endroit au mauvais moment. Je te l'avais dit, tu n'aurais jamais dû me suivre. Et au passage, mon nom c'est Pandore. »

Et puis sans avertissement, la louve dangereuse avait bondit sur Dire Straits à une vitesse telle qu'il n'eut pas le temps de réagir jusqu'à ce qu'il ne vienne violemment heurter le sol, faisant le bruit écœurant d'un humérus qui cède sous son poids. Mais avant qu'il ne puisse bouger, riposter, se défendre, Pandore avait fait pleuvoir sur lui toute une ruée de coups, avant de l'écraser de sa masse imposante.

Et c'est à ce moment que le pauvre vagabond brun avait compris que c'était la fin. Oui, c'était ici que se terminerait sa vie, sur ce territoire sans appartenance fixe. Il aurait tant aimé se rappeler de sa vie, ne serait-ce que pour avoir un souvenir auquel s'accrocher, et ne pas succomber sous le poids impressionnant de la femelle sur sa cage thoracique. Mais il n'y en avait aucun. Il était seul, complètement seul. Et il n'avait  personne à pleurer, à regretter, il avait pensé tristement. Finalement, il aurait à passer cette tragique épreuve de lui même. Il partait seul pour ce nouveau et terrifiant monde qu'était l'au-delà.

« Tu avais raison, ça fait du bien de parler », avait-il vaguement entendu. Puis, il avait pensé qu'il hallucinait, car il avait littéralement vu des plantes sortir du sol, et s'enrouler autour du corps musclé de Pandore. Et enfin, c'était le noir complet. Le néant. La douce inconscience était venue le cueillir de ses bras puissants, d'où il ne serait jamais libéré. Et lentement, une larme silencieuse coulait sur la joue de Dire Straits, qui n'avait pourtant rien demandé d'autre que d'aider son prochain, mais que la vie n'avait  point épargné.

C'est ainsi qu'un innocent vit prématurément s'achever le dernier chapitre de sa vie, tout simplement parce qu'il n'avait pas voulu voir le mal là où il y en avait réellement. Bientôt, il ne serait plus que poussière, un vague souvenir sans nom et sans visage, que tous s'empresseraient de balayer de leur mémoire à jamais. Finalement, quoi que l'on fasse, on est toujours seuls, et ce jusqu'à la fin.

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